Né en 1972 à Rabat, Rachid TALEB est un artiste peintre professionnel. Âpres avoir eu son baccalauréat en arts plastiques à Meknès en 1992 et son diplôme de CPR à Rabat en 1995 il est devenu professeur d’Education Plastique et arts appliques. Il a participé à plusieurs expositions individuelles et collectives au Maroc et à l’étranger.
Quant on voit sa production récente on retrouve les ingrédients chromatiques de sa palette initiale, du moins ce qui en forme les fondements : une perspective détournée, des gris en aplats agencés de telle sorte à rappeler une construction, des tons chauds qui vibres de la même résonance que dans sa première phase, une géométrie des formes velléitaire à des fins d’harmonie.
La création se transforme là en une variation textuelle où prédomine l’aspect technique, destiné à nous conduire vers une formulation plastique autre : celle d’un ailleurs ordonné en plans concomitant, aux connotations fortement chromatiques (dans le sens musical).
Les œuvres de Taleb sont alors toutes, se ressemblent dans se sens où elles forment chacune le jalon d’un imaginaire à deux composantes principales : lyrique et rythmique : spectacle d’un ensemble d’idées plastiques en gestion perpétuelle.
Expositions :
1992 : Centre culturel à Meknès
1997 : Salle des fêtes à Safi et Centre culturel à Casablanca
1999 : La maison des sourds à Safi
2000 : Exposition individuelle à la galerie ARTOMANIA à Agadir
2000 : Galerie la SAFIOTE à Safi
2001 : Festival gnawa à Essaouira
2002 : Galerie LAWRENCE et ARNOTTE à Tanger
2002 : Galerie ARTISANIA à Sallé
2003 : Salle d’OPÉRA à Marrakech
2003 : Restaurant LA SQALA à Casablanca
2004 : Festival culturel de Marrakech
2004 : Hôtel FARAH de Casablanca
2006 : Palais des Arts. Marseille France
2008 : Exposition collective à Bâb rwah à Rabat
2010 : Foires Internationales de Casablanca
2010 : Exposition permanente depuis 2010 dans le cadre de Art Safi a Abou Dabi Émirats arabes unis
2011 : Salon national des jeunes talents contemporains Casablanca, « La nuit des galeries » à la galerie Fatna GABOURI Safi
Expositions individuelles
2000 – Galerie ARTOMANIA à Agadir
2012 – Galerie Bâb EL KEBIR, les Oudayas à Rabat
2013 – Galerie de la Fondation M6 pour la Promotion des Œuvres Sociales de l’Éducation – Formation à Rabat
2014 – Galerie 104 à El-Jadida
2015 – Galerie d’art Almazar à Marrakech
2017 – Galerie d’art Abou Inane (Crédit Agricole) à Rabat
2020 – Galerie Nadar Casablanca
2021 – Galerie Nadar Casablanca
2023 – Espace INEX Salé
Expositions collectives
2010 – International Art Fair à Casablanca
2011 – Exposition Nationale des Jeunes Talents Contemporains à Casablanca
2011 – “La Nuit des Galeries” à la Galerie Fatna GUEBOURI à Safi
2012 – Galerie Chaïbia TALAL à El-Jadida
2012 – Galerie 104 à El-Jadida
2014 – Galerie OBRE ENEA à Anglet, France
2016 – Galerie Palette d’Art à Casablanca
2017 – Galerie d’art contemporain Pierre – Alain Challier à Paris, France
Exposition permanente
2010 – Exposition permanente (depuis 2010) dans le cadre d’Art Safi à Abou Dabi, Émirats Arabes Unis
Trace de mémoire
Ma pratique picturale prend sa source dans une relation personnelle aux lieux que j’ai traversés ou habités, et dans les traces que ces lieux ont laissées dans ma mémoire. Par « lieu », je n’entends pas uniquement la ville ou l’espace urbain. Il peut s’agir d’une montagne, d’un groupe d’arbres, d’un chemin, d’une terre, d’un village, d’un paysage, d’une brume, d’une lumière, d’une humidité ou simplement d’un espace rencontré au cours d’un parcours et devenu porteur d’une expérience.
Avec le temps, ces lieux ne demeurent pas dans la mémoire tels que l’œil les a perçus. Les détails s’effacent, les formes se transforment, tandis que certaines sensations, images fragmentaires et impressions persistent. Le lieu réel devient progressivement un espace intérieur que la mémoire reconstruit autrement.
C’est de cette transformation que naît l’idée de « Trace de mémoire ». Je ne cherche pas à reproduire un lieu ni à représenter fidèlement un paysage identifiable. Je cherche plutôt la trace qu’il a laissée en moi, puis la trace que cette mémoire laisse à son tour sur la surface de la peinture.
C’est pourquoi ma démarche s’oriente vers l’abstraction. Lorsque le souvenir s’éloigne de sa forme originelle, il se libère progressivement de la représentation pour devenir mouvement, sensation, couleur et matière.
Ma manière de travailler
Je pars souvent d’une sensation ou d’une image intérieure plutôt que d’un modèle visuel précis. Il peut s’agir du souvenir d’une montagne, d’un groupe d’arbres, d’un chemin, d’un espace naturel, d’un bâtiment, d’un arc architectural ou d’un fragment de lieu que j’ai vécu ou traversé. Je ne cherche pas à en restituer tous les détails, mais à retrouver ce qui en demeure dans la mémoire.
La construction de la peinture repose sur le geste, le mouvement et les superpositions, mais également sur la recherche d’une sensation de profondeur, de distance et de perspective. J’utilise parfois la perspective ainsi que certaines relations géométriques et architecturales comme des moyens de construire l’espace pictural, sans chercher pour autant à représenter une architecture précise ou un lieu identifiable.
Les arcs, ouvertures, lignes, plans et structures géométriques apparaissent parfois comme des fragments issus d’une mémoire architecturale ou spatiale. L’arc peut devenir le souvenir d’une entrée ou d’un espace traversé ; les lignes de perspective peuvent se transformer en trajectoires qui conduisent le regard vers la profondeur du tableau. Au cours du travail, ces éléments peuvent se fragmenter, disparaître ou se mêler au mouvement de la couleur et de la matière, passant d’une forme identifiable à une simple trace.
Je construis la surface par des couches successives de couleur et de matière. J’ajoute, j’efface, je recouvre et je fais réapparaître. Certaines marques restent visibles, tandis que d’autres disparaissent sous de nouvelles couches. La profondeur peut ainsi naître de l’épaisseur même de la peinture, et pas uniquement de la perspective traditionnelle.
Je m’intéresse également à la relation entre l’espace plein et le vide. Le blanc et les espaces presque blancs peuvent évoquer la brume, l’humidité ou la lumière, tout en laissant respirer la composition et en renforçant la sensation de distance et d’absence.
Ainsi, le mouvement et la spontanéité coexistent dans ma peinture avec certains éléments structurants : la perspective, la profondeur, la ligne, la géométrie et le rythme architectural. Je ne cherche pas à maintenir ces éléments dans une forme définitive ; je les laisse entrer en dialogue avec le geste, la couleur et la matière, jusqu’à ce qu’ils deviennent des signes abstraits.
La peinture ne commence donc pas toujours dans l’abstraction et ne se termine pas nécessairement dans une forme totalement abstraite. Elle traverse des moments d’apparition et de disparition, de construction et de déconstruction, jusqu’à atteindre un état où le lieu n’est plus représenté, mais devient sensation, mémoire et trace.
L’abstraction comme mémoire
Pour moi, l’abstraction ne signifie pas s’éloigner du réel, mais trouver une autre manière de le retrouver. Un lieu peut devenir un mouvement, un arbre un signe, une montagne une masse ou une direction, un chemin une ligne, une brume une étendue de lumière, tandis que les traces du temps et de la nature deviennent couches, textures et tensions chromatiques.
La peinture ne porte donc pas nécessairement l’image du lieu, mais sa trace.
Chaque œuvre est une tentative de retenir quelque chose qui échappe à la mémoire : une sensation ancienne, un paysage qui n’est plus devant les yeux, ou un moment vécu qui continue d’exister intérieurement.
La trace de mémoire est, pour moi, le passage d’une expérience du lieu à une sensation, de la sensation au geste, et du geste à une empreinte sur la surface de la peinture.
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