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Association Insaf – Casablanca

Adresse : 5 rue Hay Adil, roches noires

Ville : Casablanca

Pays : Maroc

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Localisation MAPS

Site : https://insaf.ma/

Tél. : +212522907430

Mail : contact@insaf.ma

Grâce à une équipe de professionnels, Insaf a réussi à autonomiser durant 20 ans plus de 10 000 mères célibataires dans le grand Casablanca. Ces femmes sont généralement rejetées dans notre société et subissent beaucoup de violences et de graves discriminations. Nous luttons également contre la traite des êtres humains. Nous accueillons des personnes en quête de protection des affres des réseaux mafieux. Nous les aidons à se reconstruire. Nous intervenons dans les cas de tortures et d’extrême violence vis à vis des femmes de tout âge et de tout statut. Outre Casablanca, où se trouve le Centre Insaf, notre action s’étend au monde rural. Nous intervenons dans 3 provinces près de Marrakech : Chichaoua, Kelaa Essaghna et la province du Haouz. Nous avons réussi à remettre à l’école 550 petites filles en les préservant du mariage précoce et du travail domestique. Notre action consiste à donner 250 dirhams chaque mois aux parents pour qu’ils remettent leurs filles déscolarisées à l’école. Nous prenons en charge les fournitures scolaires, les frais de scolarité et, si elles en ont besoin, des cours de soutien effectués par des instituteurs chevronnés.

Nous facilitons aussi l’hébergement de ces filles dans des internats pour qu’elles puissent poursuivre leurs études dans les collèges éloignés de leur village. Insaf a ouvert son propre internat dans le Haouz que nous avons appelé  » Dar Insaf « . Nous les accompagnons jusqu’à la classe de terminale. Quatorze de ces filles poursuivent leurs études dans les universités. D’autres sont en formation professionnelle. Une grande partie a d’ailleurs choisi des formations agricoles. En résumé, la mission d’Insaf est d’agir pour la préservation des droits des femmes et des enfants selon les valeurs de droits et de genre. Nous intervenons aussi auprès de la population des femmes migrantes. Nous avons développé un programme entièrement dédié à la réinsertion des mères célibataires. Nous les accueillons dans notre centre situé dans le quartier de Roches Noires à Casablanca. Nous les écoutons puis nous les aidons à inscrire leur bébé à l’état civil. Nous tentons toujours de les réconcilier avec leur famille quand cela est possible. Nous les hébergeons quand c’est nécessaire. Nous leur assurons un suivi psychologique et nous leur proposons également des cours d’alphabétisation et des cours de formation professionnelle. Nous les formons en soft skills et nous les préparons à devenir autoentrepreneur. Nous les équipons en leur offrant une mallette comprenant tous les outils pour qu’elles puissent pratiquer leur métier (cuisine, pâtisserie, coiffure esthétique, couture ..)

Enfin, nous les installons dans des chambres entièrement meublées et équipées. Nous prenons en charge les frais de vie et leur loyer pour le premier mois. Pendant deux ans, nous leur offrons la gratuité de tous les soins médicaux (médicaments, analyses, radiologies ou hospitalisation) ainsi que le lait pour leur bébé. Ce n’est qu’au bout de deux ans qu’elles se prennent entièrement en charge. Nous restons à leur écoute en cas de problème et nous leur distribuons des denrées alimentaires lors des fêtes religieuses et pendant le ramadan. Nous conservons leurs papiers si bien qu’elles peuvent revenir chercher l’acte de naissance de leur bébé si elles l’ont égaré pour l’inscrire à l’école. Le lien ne se coupe jamais avec Insaf.

 

Communication sur le mariage précoce de l’association Insaf effectuée lors de la rencontre de présentation du rapport sur l’état de la population mondiale organisée par l’UNPAM (ex FNUAP)

Depuis la nuit des temps les sévices imposés aux femmes se perpétuent. Mais s’il y en a un qui nous interpelle c’est la pratique à travers le monde de l’exploitation des petites filles à travers le mariage précoce et le travail domestique. Sous couvert de pauvreté des petits êtres sans défense vont être livrés à des adultes et ceci en dehors de toute éthique.
Comment pouvons-nous accepter ces vestiges d’esclavage ? Une enfant arrachée à l’école va être obligée de travailler 12 heures par jours sans jamais jouer.
Elle va avoir faim car les restes des plats des maîtres sont souvent insuffisants pour son petit corps chétif.

Elle va avoir froid et sera rarement soignée. Heureusement l’emploi des enfants dans le travail domestique a été pénalisé, la loi 19-12 impose l’âge minimum du travail domestique à 16 ans et dans 3 ans à 18 ans. Des sanctions sont prévues 25 000 à 30 000 Dhs d’amende, puis en cas de récidive 1 à 3 mois de prison. Ce phénomène diminue mais combien de petites filles ont sacrifié leur scolarité et leur rêve de carrière en étant placées comme ‘petites bonnes’. Insaf a pu retirer 550 petites filles du travail domestique, les a rendues à leurs parents, elles ont pu ainsi bénéficier des prestations de notre programme :
– Remise de 250 Dhs mensuels aux parents en contre partie des résultats scolaires durant plus de 12 années.
– Soutien scolaire assuré par des instituteurs quand cela est nécessaire.
– Prise en charge des fournitures scolaires et de tous les frais de scolarité.
– Placement dans un internat pour le suivi des cours au collège et au lycée.
– Actuellement, la situation des ex-petites bonnes est :
– 36 jeunes filles ont obtenu leur baccalauréat
– 50 passeront le baccalauréat d’ici 3 ans
– 17 sont à la faculté

Les autres sont dans des centres de formation professionnelle et des centres de qualification agricole ou autres. Une coopérative pour 16 jeunes filles a été créée pour l’élevage du poulet fermier bio. L’objectif de notre programme a un but d’exemplarité afin de prouver qu’en allant à l’école, la jeune fille revient au village avec une activité génératrice de revenus ceci dans les 3 provinces où nous travaillons : Chichaoua,Haouz et Kelaa Essraghna.

Ce programme permettra à nos ex petites bonnes qui n’ont pas été mariées précocement d’acquérir un projet de vie leur permettant de vivre correctement. Quant au mariage d’enfant c’est une grave violation des droits fondamentaux des enfants. D’après la convention des droits de l’enfant, un enfant est défini comme ‘’Tout être humain de moins de 18 ans ‘’ Nous savons tous que le mariage précoce limite les perspectives d’avenir et met en danger la santé et la sécurité des enfants. Et pourtant les chiffres nous apprennent que plus de 650 millions de femmes et de filles à travers le monde ont été mariées avant l’âge de 18 ans . Ce phénomène est donc présent dans le monde entier… Au Maroc sur les 300 000 mariages célébrés chaque année plus de 11% soit 35 000 sont des mariages précoces.

52% dans le milieu urbain avec 95% de parents sans emplois. En fait, les juges de par l’article 20 du code pénal accordent leur autorisation à plus de 98% des demandes, des permissions sont même données à des enfants de 15 ans sans compter les moins de 15 ans qui ne figurent pas dans les statistiques du Ministère de la Justice. A ces dérogations des juges nous devrons ajouter tous les mariages coutumiers pratiqués sans vergogne. Ces mariages célébrés par Fatiha, entre autres, ne sont pas comptabilisés. Le manque de traçabilité va obliger les mariés par la suite à régulariser leur situation par l’article 16 afin de pouvoir bénéficier d’un livret de famille et de papiers légaux. Nous connaissons les conséquences néfastes sur la santé et sur l’éducation des filles.
Nous sommes face à une mortalité maternelle et néonatale élevée. Les complications surviennent à cause de leur jeune âge. Ces suites de grossesses constituent la principale cause de décès chez les adolescentes sans parler des maladies mentales qui surviennent notamment dans les cas de violence conjugale. Non seulement le mariage précoce met en jeu la vie des enfants mais aussi leurs perspectives d’avenir.

Ces enfants sont déscolarisés et ainsi la pauvreté va se perpétuer de génération en génération. Ce sont des pratiques d’un autre âge qui se sont répandues et qui se sont institutionnalisées pour atteindre un degré de légitimité qui leur assure l’impunité. Aucune règle humanitaire ne peut expliquer cette cruauté. Rien ne justifie le sacrifice d’un enfant et pourtant ce sont des crimes qui restent impunis car ils deviennent légaux. Le Saint Coran dans une célèbre sourate nous dit : ‘’Ne tuez pas vos enfants parce que vous êtes pauvres’’ et il rajoute ‘’ Tu dois aider tes proches’’
Et il n’est malheureusement pas entendu…

La cupidité des hommes va leur permettre de disposer de leur propre enfant pour s’enrichir ou pour ne pas les nourrir. L’innocence va être bafouée ! L’esclavage institué et la pédophilie légalisée.
Que peut faire l’enfant sinon se résigner et subir les sévices des grandes personnes. Que de vies brisées au nom de la pauvreté. Que de souffrances imposées à de petits corps pour préserver l’honneur de la famille, la virginité est érigée en dictat absolu au mépris de toute humanité. Que de rêves ne se réalisent jamais car l’école a été interdite et pourtant l’école est bien la seule issue à une vie décente. Seule l’école peut permettre de se réaliser. Seule l’école peut permettre à un enfant de devenir un adulte conscient de ses droits et de ses devoirs. Seule l’école va nous permettre de lire dans les pensées de savants qui ont écrit ce qu’ils savaient. Il n’y a pas d’autres alternatives. Tous les enfants du monde devraient être sur les bancs de l’école et devraient pouvoir apprendre à lire et à écrire.

Nous ressentons une grande tristesse devant cette terrible injustice. Comment empêcher un père de livrer sa fille ? Quels sont les raisons qui le poussent à se séparer de son enfant. Est-ce la crainte du déshonneur qui pourrait subvenir si elle perd sa virginité ? Est-ce l’appât du gain en bénéficiant de la dot ? Est ce vraiment l’extrême pauvreté qui le soulagerait d’une bouche à nourrir ?
Ces causes semblent si dérisoires car dans une grande partie des cas la petite fille revient à la maison, brisée et humiliée, avec ses jeunes enfants car il s’avère que ces épouses jeunes et dociles soient utilisées pour effectuer les travaux domestiques au foyer de son mari et souvent au foyer de ses beaux parents. Puis, dès les premières grossesses, il arrive souvent que le mari les répudie et qu’elles retournent chez leurs parents avec leurs bébés. Comment empêcher cela ?

Car nous ne pouvons pas accepter l’inacceptable D’aucuns nous disent qu’il suffit de lutter contre la pauvreté ! Comme si cela était possible ! D’autres vous proposent de faire des campagnes de sensibilisation à travers tout le royaume… C’est vrai ce serait bien ! Mais le moyen le plus efficace ce serait juste d’appliquer la loi sur la scolarisation obligatoire. Cette loi promulguée par dahir N°1-63-071 du 13 novembre 1963 a été modifiée et complétée par le dahir 1- 00-200 du 19 mai 2 000. L’article premier est précis : « L’enseignement fondamental constitue un droit et une obligation pour tous les enfants marocains des deux sexes ayant atteint l’âge de 6 ans jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de 15 ans ……. » Des sanctions sont prévues. Cette loi existe depuis 58 ans.
Son application doit être certes, difficile mais certainement pas impossible.

Et si nous nous mettions à rêver d’un Maroc où tous les enfants pourraient apprendre à lire et à écrire, alors ce serait la fin de ces abus et le début d’une ère nouvelle……….

Meriem Othmani
Présidente d’INSAF
00-212-661-45-56-60
mer.othmani@gmail.com