ajouter à mes favoris

Carte non disponible

Date / Heure
Date(s) - 05/06/2016 - 31/12/2016
0 h 00 min

Emplacement

Catégories


Hommage posthume à Gharbaoui et à Louis Morère : Villa des arts de Rabat

Montée en deux rayons, la première donne à voir des toiles de Jilali Gharbaoui, une trentaine de tableaux, tandis que de l’autre côté se trouvent les peintures de Louis Morère, une quarantaine de tableaux inspirée de la nature et des paysages architecturaux du levant.Les travaux de Gharbaoui, premier peintre figuratif marocain, sont frappés d’une touche abstraite, des couleurs sombres et froides (noir, gris et bleu foncé) et des sinuosités qui traduisent une âme morose et un malaise viscéral.
Pour André El Baz, peintre marocain, qui a assisté à ce vernissage, « feu Jilali a été influencé par ce qu’on appelle +l’action painting+ » (peinture privilégiant l’action, NDLR), mais « le temps ne lui a pas laissé le temps pour en sortir », a-t-il dit avec nostalgie . « Lorsqu’on observe une grande partie de ses travaux, on a l’impression comme s’il était fatigué et esseulé, dans un labyrinthe duquel il n’arrivait pas à sortir », a ajouté  El Baz.Autre trait caractéristique de Gharbaoui, toujours selon El Baz, c’est qu’il est entré dans l’expérience de la peinture sans avoir de formation, sans livres d’arts, de même que le défunt n’avait pas non plus accès aux galeries ». « Ceci l’a entrainé à se plonger dans ce nouvel univers en essayant de se forger son propre modèle », a-t-il noté.

Les toiles, de différentes dimensions (allant de 46×60 jusqu’au 65×92), ont été classée selon trois thème: « l’envole des cigognes », « composition » et « Timouline des pâques » avec différentes techniques: huile sur papier, sur toile ou encore mine de plomb sur papier. L’espace visuel, dans les tableaux de Gharbaoui est frappé du sceau du renouvellement dans la peinture marocaine. Ses Œuvres « violentes » ne sont que le reflet du mal-être de l’artiste, lors d’une époque où il fut comparé à Achtung, Klein et d’autres célèbres artistes européens des années 50-60.Quant aux Œuvres de Morère (format allant de 70×55 à 300×50), elles portent différentes dénominations, dont « plage de Rabat: vue sur salé » « Rue à Marrakech » et « Les remparts de Salé ».

Le style Morère s’inspire de la nature aussi bien en matière de choix des couleurs que des thèmes des toiles. Les tableaux se focalisent particulièrement sur des scènes de la vie quotidienne d’un Maroc traditionnel. Meublées de Ksars, Kasbah, Marabouts et palmiers, ces scènes présentent le Maroc dans toute sa diversité, sa splendeur et sa grandeur.Dans un document écrit par le peintre, celui-ci estimait qu' »il n’existe pas de meilleur maître ni de meilleur modèle que la nature, elle est douce, à mon sens, la plus sérieuse, la plus sûre école des beaux arts qui soit ». Jilali Gharbaoui (1930-1971) est né à Jorf El Malha, près de Sidi Kacem. Il se passionne pour l’art très tô t. Il étudie de 1952 à 1958 à l’Ecole Nationale des Beaux Arts à Paris et à l’Académie Julian. Louis Morère (1888-1949), quant à lui, après avoir passé une partie de son enfance en Tunisie, se rend au Maroc en 1914. Il y passa le reste de sa vie.

La Collection Louis Morère a fait l’objet d’une donation à la Fondation ONA en 2008 de la part de Mme Charlotte Monto, fille du peintre.La donation compte 72 pièces, dont 46 sont exposées dans une salle consacrée de manière permanente à cette donation.Le public peut, néanmoins, avoir accès à l’ensemble de la donation en visitant le musée virtuel de la Fondation ONA à la Villa des Arts à Rabat.